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ROI de la Sustainability : que disent les dernières études (en décembre 2025) ?

Aujourd’hui, la sustainability est dans un tourbillon. Les directions RSE évoluent dans un contexte paradoxal, sous tensions multiples. D’un côté, une accumulation de crises — économiques, géopolitiques, sociales — bouleverse les conditions dans lesquelles les entreprises, comme leurs investisseurs, prennent leurs décisions.

Les signaux sont clairs :

  • Aux États-Unis, plusieurs grandes banques ont quitté la Net-Zero Banking Alliance  

  • En Europe, des institutions ont repoussé leurs objectifs de décarbonation

  • Côté entreprises, de nombreuses études pointent un recul de priorité de la sustainability 

Et pourtant, le tableau est loin d’être uniforme.

L’intention d’investissement reste forte :

  • une majorité de dirigeants européens continuent d’affirmer leur engagement 

  • plus de 80 % des Européens soutiennent la neutralité carbone et les investissements dans les renouvelables

  • les impacts climatiques deviennent de plus en plus visibles et coûteux.L’été 2025 a entraîné un choc économique estimé à 43 milliards d’euros de pertes dans l’Union européenne  sur 2025.

Au-delà de l’environnement, un autre message s’impose : la transition énergétique est désormais une question de souveraineté économique.
75 % des Européens estiment que réduire la dépendance aux combustibles fossiles est un avantage économique clair 

Dans ce contexte, une question revient dans les entreprises :

👉 Quel est le business case réel de la sustainability ?

Chez Needl, ces interrogations sont omniprésentes. Chaque mois, nous échangeons avec des dizaines de directions sustainability confrontées à la même exigence : démontrer un ROI clair et crédible auprès du CODIR.

Pour objectiver ce débat, ce webinar a été conçu : à partir de données, d’études récentes et de retours terrain, pour quantifier ce que la sustainability apporte réellement.

👉 Le replay du webinar

Ce que disent les baromètres internationaux : la Sustainability reste stratégique

En synthèse :

  • 82 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs investissements sustainability.

  • Le climat et la sustainability figurent dans le top 3 des priorités des dirigeants.

  • 92 % des entreprises maintiennent leur trajectoire net zéro.

  • L’IA est un accélérateur : 64 à 81 % des entreprises l’utilisent déjà dans leurs initiatives environnementales.

Ces données montrent que la sustainability est structurelle, pas conjoncturelle.

Le ROI est déjà observable

Contrairement aux idées reçues :

  • Près d’une entreprise sur deux constate déjà un ROI positif sur ses investissements sustainability. 

  • 1 CEO sur 3 a observé une augmentation directe du chiffre d’affaires liée aux initiatives climat.

Les bénéfices cités :

  • revenus supplémentaires,

  • réputation accrue,

  • réduction des coûts.

Les entreprises avec des objectifs publics sont 74 % plus susceptibles de décisions alignées avec ces objectifs 

Un décalage entre ambition et exécution

Malgré cette envie d’avancer, l’exécution ralentit :

  • moins d’achats d’énergie renouvelable,

  • baisse de critères RSE chez les fournisseurs,

  • faible intégration dans la gouvernance.

Seules 21 % des entreprises disposent d’un plan structuré avec étapes et financements.

La proportion de “leaders” est tombée de 7 % à 1 %

Trois obstacles majeurs identifiés

Les freins cités par les dirigeants :

  • La donnée : manque de données ESG fiables, notamment Scope 3 (80 %).

  • Les silos : difficulté à mobiliser l’IT, les opérationnels, le commerce.

  • Le financement : budgets tendus, ROI mal mesuré.

Ces blocages expliquent pourquoi de nombreuses initiatives stagnent.

La chaîne de valeur : le point bloquant central

Le Scope 3 représente en moyenne 75 % des émissions d’une entreprise

Principales difficultés :

  • absence de données fournisseurs,

  • complexité méthodologique,

  • manque d’incitations,

  • absence de standards.

Les entreprises les plus avancées utilisent :

  • la traçabilité digitale

  • des standards partagés,

  • des collaborations sectorielles.

Transformer la chaîne d’approvisionnement est le levier clé de la transition vers des modèles décarbonés 

L’adaptation devient un avantage compétitif

Pendant longtemps, l’adaptation au changement climatique a été perçue comme un sujet secondaire, voire défensif.
Ce n’est plus le cas.

Selon une étude PwC sur l’adaptation climatique, 86 % des entreprises ont déjà subi des perturbations directement liées au climat : tensions sur les matières premières, arrêts de production, ruptures d’approvisionnement, dégradation des infrastructures ou hausse brutale des coûts énergétiques.

Autrement dit, le risque climatique n’est plus théorique : il affecte déjà la continuité des opérations et la performance économique.

Pourtant, les réponses apportées restent encore limitées :

  • seules 38 % des entreprises ont engagé des investissements pour renforcer leurs infrastructures,

  • 31 % ont adapté leurs chaînes de production ou de valeur,

  • 26 % ont repensé le design de leurs produits ou services pour les rendre plus résilients.

Ce décalage crée une nouvelle ligne de fracture compétitive.

Les entreprises qui investissent dès aujourd’hui dans l’adaptation — sécurisation des approvisionnements, diversification des sources, robustesse des sites industriels, flexibilité des procédés — sont mieux armées pour :

  • absorber les chocs climatiques,

  • limiter les arrêts d’activité,

  • contenir les hausses de coûts,

  • rassurer clients, assureurs et investisseurs.

L’adaptation n’est plus un coût subi, mais un levier de résilience et de performance à long terme.
Les entreprises résilientes de demain sont celles qui s’organisent dès aujourd’hui

De la promesse à la preuve : la crédibilité comme avantage compétitif

Autre évolution majeure : la nature de la pression exercée sur les entreprises change.

La perception d’une pression forte et bruyante des parties prenantes (États, ONG, clients, collaborateurs) tend à diminuer.
Mais cette accalmie est trompeuse.

Dans le même temps, le niveau d’exigence augmente fortement.
Les attentes se déplacent : moins de discours, plus de preuves.

Selon une étude récente sur la perception du greenwashing, 62 % des consommateurs estiment que les entreprises exagèrent ou embellissent leurs engagements environnementaux.

Cette défiance a des conséquences très concrètes :

  • perte de crédibilité des engagements publics,

  • exposition accrue aux risques réputationnels,

  • renforcement des exigences de justification de la part des investisseurs, clients et régulateurs.

Dans ce contexte, la sustainability ne se joue plus sur la promesse, mais sur la capacité à démontrer :

  • des résultats mesurables,

  • des trajectoires crédibles,

  • des indicateurs comparables et auditables.

Prouver devient plus important que promettre.
La crédibilité — fondée sur des données fiables, des actions vérifiables et une exécution rigoureuse — devient un avantage compétitif à part entière.

Deux études sur les leviers de création de valeur de la Sustainability

Deux études récentes apportent un éclairage particulièrement structurant sur la création de valeur liée à la sustainability, l’une issue du monde académique, l’autre du monde de l’investissement.

Leur message est clair : la sustainability crée de la valeur lorsqu’elle est structurée, mesurée et intégrée à la stratégie.

  • L’étude de l’Université de Hambourg, publiée en octobre 2025, montre que la mise en place d’un reporting RSE structuré entraîne quatre transformations majeures. D’abord, une meilleure hiérarchisation des enjeux, qui permet aux équipes dirigeantes de se concentrer sur les sujets réellement matériels et d’améliorer la qualité des arbitrages stratégiques.
  • Ensuite, une optimisation des processus internes grâce à la structuration de la collecte de données et à la clarification des responsabilités, conduisant à une professionnalisation rapide des pratiques.
  • Le reporting renforce également l’efficacité organisationnelle en décloisonnant les fonctions RSE, finance, achats, IT et opérations, améliorant ainsi la coordination interne.
  • Enfin, il améliore la qualité du dialogue externe avec les parties prenantes, en rendant les échanges plus fiables et plus crédibles.

L’étude publiée en juillet 2025 par le PRI, Bain & Company et la Stern School of Business de NYU adopte une perspective orientée investisseurs.

À partir des retours de plus de 400 fonds de Private Equity, elle identifie trois catégories de leviers de création de valeur liés à la sustainability.

La première concerne l’augmentation des revenus, via le green premium, l’innovation produit et l’engagement des salariés.

  • La deuxième porte sur la réduction des coûts, notamment par l’efficacité énergétique, la circularité et l’amélioration de la performance opérationnelle des sites industriels.
  • La troisième regroupe les leviers liés à la valorisation et à la maîtrise des risques, tels que la résilience du modèle économique, la réputation, la réduction du coût de la dette et la sécurisation de la licence d’opérer.

Six leviers ressortent comme les plus créateurs de valeur pour plus de 65 % des investisseurs interrogés :
le green premium,
l’engagement des salariés,
l’efficacité opérationnelle,
la résilience,
la réputation
et la réduction du coût de la dette.

Ensemble, ces enseignements montrent que la sustainability n’est plus seulement un sujet de conformité, mais un levier central de compétitivité et de valorisation pour les entreprises.

Comment Needl peut vous accompagner dans votre démarche

Chez Needl, nos communautés d’experts accompagnent les entreprises autour de trois axes principaux :

1️⃣ La définition de feuilles de route, avec une quantification précise des impacts business, afin d’éclairer les arbitrages stratégiques et les décisions d’investissement.

2️⃣ La formation des équipes commerciales, pour intégrer des engagements sustainability différenciants dans les offres, activer le green premium et renforcer la performance commerciale.

3️⃣ L’efficacité énergétique des sites industriels, à travers des audits avancés, des plans d’optimisation et l’identification de leviers de réduction des coûts et des émissions, combinant quick wins et investissements structurants.

Notre rôle est de mobiliser les bonnes expertises, au bon moment, pour transformer l’ambition sustainability en résultats concrets, mesurables et durables.

Accéder au replay du webinar

Nous contacter pour un échange : hello@needl.org

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